Guinean coup leader and transition president General Sekouba Konate (R) listens to army chief of staff, Nouhou Thiam, before casting his ballot on June 27, 2010 for the presidential elections at the presidential palace in Conakry. Konate said he was proud to have kept his promise to hold the country's first democratic election in half a century. The presidential poll is historic for the country, following 25 years of despotic civilian rule under Ahmed Sekhou Toure when no elections were held and 24 years of military rule and rigged votes under President Lansana Conte. AFP PHOTO / SEYLLOU (Photo credit should read SEYLLOU/AFP via Getty Images)

Entre l’ancien président de la transition et son ancien chef d’ Etat major des Forces Armée Nationales, c’est une longue histoire qui vient de prendre fin à jamais.
Dimanche 17 mai 2020, le général Nouhou Thiam a rendu son dernier souffle. L’ancien homme fort de la grande muette pendant la transition aurait été emporté par une longue maladie.
Le Général Konaté,ému, a appelé, dimanche soir, la rédaction de Nouvelledeguinee.com. Il a réagi à la disparition de son ancien proche collaborateur pendant la transition de 2010.
«  Le général Nouhou Thiam fut un bon exécutant. Mais, pas un homme d’action« , se souvient l’ancien président de la transition.
 » Qu’ Allah soit loué. Je présente mes condoléances les plus attristées à la famille de l’illustre disparu. Puisse Allah, le Miséricordieux par Essence et par Excellence, l’accueillir dans son Paradis« , ajoute l’ancien homme fort de Conakry.
Le général Konaté, durement éprouvé par la perte de son ancien bras droit au sein de l’armée, invite «  l’ Etat à régulariser le salaire et le ravitaillement du général Nouhou Thiam pour sa famille et sa pauvre maman« .
Pourtant, les relations entre le général Konaté et feu Nouhou Thiam ont connu des tensions . Des hauts et des bas. Aux premières heures du règne agité et éphémère du Conseil National pour la Démocratie et le Développement, le défunt remplace le capitaine Dadis au poste de «  porte-parole » de la junte. Nouhou Thiam devient la voix des putchistes… Juste pour quelques jours. Pas pour longtemps.
Quelques jours dans la mesure où un clash inattendu met un point final aux fonctions de «  porte-parole » du général Nouhou Thiam et plombe, dans la foulée, ses relations avec l’imposant et redoutable ministre de la défense nationale du CNDD.
La rupture est brutale à cause d’un malentendu né d’une «  revendication » , jugée  » déplacée« , de Nouhou Thiam. Nous sommes au début du mois de janvier de l’an 2009. En présence de Dadis, dans son antre du Camp Alpha Yaya Diallo, le général Konaté arrache une feuille de papier d’un communiqué du CNDD des mains de son futur chef d’Etat major des Forces Armées, le vire sur place et le fait remplacer par le commandant Mandjou Dioubaté. Ce dernier sera le «  porte-parole » du CNDD jusqu’à la chute brutale et tragique du capitaine Moussa Dadis Camara, un soir du mercredi 03 décembre 2009.
Le général Nouhou Thiam, lui, disparaît des écrans radars pour revenir en force, un an plus-tard, au sommet de l’ Etat. Il est nommé au poste stratégique de chef d’Etat major des Forces Armées.
 » Puissant » à l’époque, Nouhou Thiam va jusqu’à s’offrir le luxe d’élire domicile au Palais Sékhoutouréyah. L’ancien toit du grandissime « timonier tropical », Sékou Touré, devient le sien. Non sans faire des « jaloux« . Parmi lesquels, un certain Alpha Condé. Le futur leader Guinéen ne voit pas d’un bon oeil la présence de Nouhou Thiam au Palais qu’il convoite depuis une éternité.

Par Mamadou Saliou Diallo

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