Alors que les dirigeants ouest-africains condamnent le coup d’État et appellent à un retour à la démocratie, mais s’arrêtent avant d’imposer de nouvelles sanctions, le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a mis en garde que la France retirerait ses troupes du Mali si le pays basculait vers « l’islamisme radical ».

Les voisins du Mali et les puissances internationales craignent que les derniers évènements survenus dans ce pays ne compromettent l’engagement de tenir une élection présidentielle en février prochain et sapent une lutte régionale contre les groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’EIIL (ISIS). S’exprimant après la réunion de dimanche, la ministre ghanéenne des Affaires étrangères, Shirley Ayorkor Botchway, a indiqué que la suspension du Mali « de la CEDEAO prend effet immédiatement jusqu’à la date limite de fin février 2022 ».

Elle a ajouté que les dirigeants par intérim du pays « sont censés passer le relais à un gouvernement démocratiquement élu ». Le communiqué final du bloc a également appelé à la nomination immédiate d’un nouveau Premier ministre civil et à la formation d’un gouvernement « inclusif ». Cependant, il n’a pas annoncé de sanctions comme celles qu’il avait imposées après le coup d’État d’août dernier, qui a vu les membres fermer temporairement leurs frontières avec le Mali enclavé et interrompre les transactions financières.

Il n’a pas non plus été question de la démission du nouveau Président par intérim Assimi Goïta. Le colonel de l’armée, qui a dirigé le coup d’État d’août ainsi que la révolte de la semaine dernière, a été déclaré Président vendredi. Le communiqué de la CEDEAO stipule que le chef de la Transition, le vice-président et le Premier ministre ne devraient en aucun cas être candidats à l’élection présidentielle prévue. « La date du 27 février 2022, déjà annoncée pour l’élection présidentielle, doit être absolument maintenue », a-t-on souligné, sans réponse immédiate de Goïta, qui a assisté au sommet.

Par ailleurs, les Nations Unies et l’Union Africaine ont également condamné la prise de pouvoir. Le Conseil de sécurité de l’ONU a déclaré que les démissions de Bah Ndaw et Moctar Ouane avaient été forcées, tandis que les États-Unis avaient déjà retiré leur soutien aux forces de sécurité. Le dirigeant français Emmanuel Macron a révélé, dans un entretien au Journal du Dimanche, que Paris « ne pouvait pas rester aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ou de transition ». Et il a averti que la France retirerait ses troupes du Mali si le pays basculait vers « l’islamisme radical » sous la direction de Goïta.

Dale Abraham Sarr

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