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Violences : les forces de l’ordre burkinabè auraient eu la main lourde contre des réfugiés maliens

✍️ Par BANGALY CONDE 📅 Publié le 5 mai 2020 à 20:33 ⏱️ 3 min de lecture
Violences : les forces de l’ordre burkinabè auraient eu la main lourde contre des réfugiés maliens
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Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a condamné lundi des violences des forces de sécurité burkinabè contre des réfugiés maliens au Burkina Faso, qui ont fait selon lui 32 blessés samedi.

Selon le HCR, qui s’appuie sur des témoignages de réfugiés, les forces de sécurité (burkinabè) ont frappé « à coup de matraque, ceinturon et corde » « des hommes et des garçons » du camp de Mentao, qui abrite 6.500 réfugiés maliens, selon l’AFP.

Ce camp est situé à 20 kilomètres au sud de la ville de Djibo, dans le nord du Burkina, région frontalière du Mali régulièrement ciblée par des attaques terroristes depuis cinq ans.

A la suite d’une « attaque contre des soldats, plus tôt dans la journée » (un soldat a été tué et un autre est porté disparu), « les forces de sécurité sont entrées dans le camp, à la recherche d’individus armés impliqués dans l’attaque », et ont « procédé à une recherche porte-à-porte forçant les hommes et les garçons à sortir avant de les frapper », faisant 32 blessés, a affirmé le HCR.

« Les réfugiés se sont vus accusés de complicité à l’égard des assaillants non-identifiés et ordonner de quitter le camp dans les 72 heures, sous peine de mort », selon l’organisme onusien. « De tels actes de la part des forces de sécurité sont totalement inacceptables », a déclaré Millicent Mutuli, directrice du bureau régional du HCR pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, citée dans le communiqué.

Le HCR a réitéré son appel au gouvernement burkinabè pour relocaliser les réfugiés du camp de Mentao « vers un endroit plus sûr ». Le HCR avait évacué son personnel de Mentao en novembre 2019 en raison de l’insécurité persistante, rappelle-t-il.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), mouvement militaire malien à dominante touareg, a également condamné dans un communiqué lundi la « descente musclée » des forces burkinabè dans le camp de Mentao.

Les forces de sécurité burkinabè, ainsi que celles des pays voisins, Mali et Niger, qui luttent contre des groupes terroristes, sont régulièrement accusées d’exactions, y compris d’exécutions extrajudiciaires, à l’encontre de civils.

Le 20 avril, Human Rights Watch a accusé les forces de sécurité burkinabè d’avoir exécuté 31 habitants de Djibo « lors d’une parodie brutale d’opération antiterroriste » le 9 avril. Le 30 avril, la Mission de l’ONU au Mali, la Minusma, a dénoncé 101 exécutions extrajudiciaires au premier trimestre au Mali par les forces de sécurité maliennes, plus une trentaine commise par l’armée nigérienne sur le territoire malien.

 

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